La prothèse n’est jamais le premier traitement de l’arthrose du genou. Avant d’en parler, plusieurs solutions peuvent soulager la douleur et retarder, parfois durablement, l’intervention. Voici ce que disent les recommandations internationales, et quand il devient raisonnable de passer à la chirurgie.
L’essentiel
Le socle : bouger et renforcer le genou
Toutes les recommandations, européennes comme américaines, placent l’activité physique au premier rang du traitement de l’arthrose du genou [1][2]. Le renforcement du quadriceps, la marche, le vélo ou les exercices en piscine diminuent la douleur et améliorent la fonction. Le plus efficace est un programme encadré par un kinésithérapeute, poursuivi ensuite seul à la maison.
En cas de surpoids, la perte de poids est l’autre levier majeur : le genou supporte plusieurs fois le poids du corps à chaque pas. Nous détaillons ce point dans l’article surpoids et prothèse de genou.
Les médicaments
- Le paracétamol est souvent proposé en première intention, mais son effet est modeste.
- Les anti-inflammatoires (AINS) en gel sur le genou sont recommandés [1][2] ; par voie orale, ils soulagent mieux mais doivent rester des cures courtes, en raison de leurs effets sur l’estomac, les reins et le cœur.
Les infiltrations
- Les infiltrations de corticoïdes calment une poussée douloureuse, avec un genou gonflé. Leur effet dure de quelques semaines à quelques mois ; elles ne doivent pas être répétées trop souvent.
- L’acide hyaluronique (« viscosupplémentation ») a une efficacité discutée : les recommandations sont partagées et il n’est plus remboursé en France.
- Le PRP (plasma riche en plaquettes) fait l’objet de nombreuses études, mais les recommandations ne le conseillent pas à ce jour en pratique courante [2].
Les autres aides
Une canne tenue du côté opposé au genou douloureux, des semelles adaptées ou une genouillère peuvent aider certains patients. Ces mesures sont simples et sans risque.
Une chirurgie qui conserve le genou : l’ostéotomie
Chez un patient plutôt jeune et actif, dont l’arthrose touche un seul côté du genou en raison d’une jambe arquée (genu varum) ou en X (genu valgum), une ostéotomie peut être proposée : elle corrige l’axe de la jambe pour décharger la zone usée. Elle permet de conserver son propre genou pendant des années. Voir aussi la prothèse de genou avant 60 ans.
Quand passer à la prothèse ?
Un essai randomisé publié dans le New England Journal of Medicine a comparé, chez des patients ayant une arthrose avancée, une prothèse associée à un programme non chirurgical, et ce programme seul. Les deux groupes se sont améliorés, mais davantage avec la prothèse ; en revanche, la prothèse exposait à plus de complications [3]. C’est tout l’enjeu de la décision : la prothèse se discute lorsque la douleur et la gêne persistent malgré un traitement médical bien conduit, et que la radiographie confirme une usure avancée.
Pour en savoir plus : quand se faire opérer d’une prothèse de genou et prothèse totale ou unicompartimentale.
Questions fréquentes
Les infiltrations peuvent-elles éviter la prothèse ?
Elles soulagent une poussée douloureuse, parfois pendant plusieurs mois, mais ne réparent pas le cartilage. Elles peuvent retarder la chirurgie, pas guérir l’arthrose.
Faut-il arrêter le sport quand on a de l’arthrose du genou ?
Non. Une activité adaptée (marche, vélo, natation) fait partie du traitement. On évite surtout les sports avec sauts et chocs répétés.
À partir de quand parle-t-on de prothèse ?
Quand la douleur limite la marche, le sommeil ou les activités du quotidien malgré un traitement médical bien suivi, et que la radiographie montre une arthrose avancée.
Consulter pour une prothèse de genou à Paris et en Île-de-France
Les chirurgiens orthopédistes de l’ICSA Paris Nord consultent à la Clinique du Landy (Saint-Ouen, 93), à la Clinique des Maussins-Nollet (Paris 19e) et à la Clinique des Lilas (93). Ces établissements sont accessibles en métro (lignes 11, 13 et 14) depuis Paris et toute l’Île-de-France. Nous recevons aussi des patients venus d’autres régions.
Prendre rendez-vous sur DoctolibRéférences
- Bannuru RR, Osani MC, Vaysbrot EE, et al. OARSI guidelines for the non-surgical management of knee, hip, and polyarticular osteoarthritis. Osteoarthritis Cartilage. 2019;27(11):1578-1589. PubMed
- Kolasinski SL, Neogi T, Hochberg MC, et al. 2019 American College of Rheumatology/Arthritis Foundation Guideline for the Management of Osteoarthritis of the Hand, Hip, and Knee. Arthritis Rheumatol. 2020;72(2):220-233. PubMed
- Skou ST, Roos EM, Laursen MB, et al. A Randomized, Controlled Trial of Total Knee Replacement. N Engl J Med. 2015;373(17):1597-1606. PubMed
Article rédigé par le Dr Elliott Kierszbaum, chirurgien orthopédiste à l’ICSA Paris Nord. Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation.