Il n’existe pas d’âge ni de « bon stade » radiologique qui impose une prothèse de genou. La décision repose avant tout sur votre douleur, votre gêne au quotidien et l’échec d’un traitement médical bien conduit. Voici les repères que nous utilisons en consultation.
L’essentiel
Le principal critère : votre qualité de vie
La Haute Autorité de Santé rappelle que l’indication d’une prothèse de genou repose sur l’association d’une arthrose confirmée par les radiographies et d’un retentissement important sur la vie quotidienne [1]. Une radiographie très abîmée chez un patient peu gêné ne justifie pas, à elle seule, une intervention. À l’inverse, une douleur qui réveille la nuit, un périmètre de marche réduit à quelques centaines de mètres ou un renoncement aux sorties sont des arguments forts.
Après un traitement médical bien conduit
Avant d’envisager la chirurgie, le traitement de l’arthrose du genou associe activité physique adaptée, kinésithérapie, perte de poids si nécessaire, antalgiques et parfois infiltrations. Un essai randomisé publié en 2015 a comparé la prothèse associée à un programme non chirurgical, au programme non chirurgical seul : la prothèse apportait une amélioration plus importante de la douleur et de la fonction à un an, au prix de complications plus fréquentes [2]. Ce travail confirme deux choses : la prothèse est efficace, et elle se discute lorsque les autres traitements ne suffisent plus.
Les signes qui doivent faire consulter
- une douleur quotidienne malgré les antalgiques ;
- une distance de marche qui diminue, le besoin d’une canne ;
- des difficultés pour monter les escaliers, se lever d’une chaise, entrer dans une voiture ;
- des réveils nocturnes liés au genou ;
- une déformation qui s’aggrave (jambes arquées ou en X) ou un genou qui se dérobe.
Ce que nous évaluons en consultation
L’examen apprécie la mobilité du genou, sa stabilité et l’axe de la jambe. Les radiographies en charge, l’incidence en schuss et le pangonogramme précisent l’usure et la déformation. Nous vérifions aussi la hanche et le dos, qui peuvent donner des douleurs ressenties au genou. Enfin, nous discutons de vos attentes : la prothèse vise à supprimer la douleur et à retrouver une marche confortable ; elle ne rend pas un genou « neuf » de 20 ans.
Faut-il attendre le plus longtemps possible ?
Attendre n’abîme pas la future prothèse, mais une arthrose très évoluée s’accompagne souvent d’une fonte musculaire, d’une raideur et d’une déformation qui rendent la récupération plus longue. Il n’y a donc pas d’intérêt à repousser indéfiniment une intervention dont vous avez besoin. Environ 8 patients sur 10 se disent satisfaits de leur prothèse totale de genou [3] ; les attentes irréalistes et les douleurs d’une autre origine font partie des causes d’insatisfaction, d’où l’importance de bien poser l’indication [4].
Pour aller plus loin : l’arthrose du genou et les types de prothèses, prothèse totale ou unicompartimentale et le déroulement de l’intervention.
Questions fréquentes
À partir de quel âge peut-on poser une prothèse de genou ?
Il n’y a pas d’âge minimal ni maximal strict. La décision dépend de la gêne, de l’usure et de l’état de santé général. Chez les patients jeunes et actifs, on discute plus longuement des alternatives et du risque de reprise à long terme.
Une radiographie très abîmée impose-t-elle une opération ?
Non. La décision repose sur l’association de l’usure radiologique et de la gêne au quotidien. Un patient peu gêné peut continuer un traitement médical.
Combien de temps dois-je essayer le traitement médical ?
En général plusieurs mois, avec une activité physique adaptée, de la kinésithérapie et, si besoin, une perte de poids et des infiltrations. La durée s’adapte à chaque patient.
Consulter pour une prothèse de genou à Paris et en Île-de-France
Les chirurgiens orthopédistes de l’ICSA Paris Nord consultent à la Clinique du Landy (Saint-Ouen, 93), à la Clinique des Maussins-Nollet (Paris 19e) et à la Clinique des Lilas (93). Ces établissements sont accessibles en métro (lignes 11 et 13) depuis Paris et toute l’Île-de-France. Nous recevons aussi des patients venus d’autres régions.
Prendre rendez-vous sur DoctolibRéférences
- Haute Autorité de Santé. Éléments concourant à la décision d’arthroplastie du genou et du choix de la prothèse. HAS ; 2013. has-sante.fr
- Skou ST, Roos EM, Laursen MB, et al. A randomized, controlled trial of total knee replacement. N Engl J Med. 2015;373(17):1597-606. PubMed
- Bourne RB, Chesworth BM, Davis AM, et al. Patient satisfaction after total knee arthroplasty: who is satisfied and who is not? Clin Orthop Relat Res. 2010;468(1):57-63. PubMed
- Kahlenberg CA, Nwachukwu BU, McLawhorn AS, et al. Patient satisfaction after total knee replacement: a systematic review. HSS J. 2018;14(2):192-201. PubMed
Article rédigé par le Dr Elliott Kierszbaum, chirurgien orthopédiste à l’ICSA Paris Nord. Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation.