Prothèse de genou avant 60 ans : est-ce raisonnable ?

Groupe de personnes actives faisant de l'exercice en plein air
Photo : Unsplash

De plus en plus de patients de moins de 60 ans, actifs et souvent encore en activité professionnelle, souffrent d’une arthrose du genou invalidante. La prothèse est-elle une bonne solution à cet âge ? La réponse dépend de votre gêne, du type d’usure et de ce que vous attendez de votre genou.

L’essentiel

Près de 90 % à 20 ansdes prothèses totales de genou sont encore en place selon les registres.
Risque de reprise plus élevéchez les patients jeunes, qui vivront plus longtemps avec leur prothèse.
Des alternativesostéotomie ou prothèse partielle selon l’usure.

Une prothèse qui dure longtemps…

Une méta-analyse des registres nationaux montre qu’environ 93 % des prothèses totales de genou sont encore en place à 15 ans, 90 % à 20 ans et 82 % à 25 ans [1]. Ces chiffres sont rassurants, mais ils concernent en majorité des patients opérés après 65 ans.

… mais sollicitée plus longtemps chez les jeunes

Un patient opéré à 55 ans vivra en moyenne plusieurs décennies avec sa prothèse. Une large étude de cohorte britannique a montré que le risque de reprise sur la vie entière est nettement plus élevé chez les patients opérés jeunes, en particulier chez les hommes de 50 à 54 ans, que chez les patients de plus de 70 ans [2]. Les patients jeunes ont aussi un risque un peu plus élevé d’infection précoce et de descellement [3]. Cela ne contre-indique pas la prothèse, mais impose une indication soigneusement pesée.

Les alternatives à discuter

  • L’ostéotomie tibiale : chez un patient jeune avec une arthrose limitée au compartiment interne et une jambe arquée, corriger l’axe de la jambe peut soulager pendant de nombreuses années et retarder la prothèse.
  • La prothèse unicompartimentale : si un seul compartiment est usé et les ligaments sont intacts, elle remplace uniquement la partie abîmée.
  • Le traitement médical optimisé : perte de poids, renforcement musculaire, adaptation des activités.

Quand la prothèse totale reste la bonne solution

Quand l’arthrose touche plusieurs compartiments, que la douleur empêche de travailler ou de dormir et que les autres traitements ont échoué, attendre n’apporte rien. La prothèse permet alors de retrouver une vie active. Après l’opération, privilégier les sports sans impact (vélo, natation, marche) et maintenir un poids stable aide à préserver la prothèse sur le long terme [4]. Voir aussi notre article sur le sport après une prothèse de genou.

Et la prothèse sur mesure ?

Chez certains patients jeunes à l’anatomie particulière, une prothèse conçue à partir du scanner peut être discutée. Son intérêt sur la durée de vie n’est pas encore démontré par des études à long terme ; elle se décide au cas par cas.

Questions fréquentes

Une prothèse de genou posée à 55 ans devra-t-elle être changée ?

Pas forcément. La majorité des prothèses durent plus de 20 ans, mais le risque d’une reprise au cours de la vie est plus élevé chez un patient opéré jeune que chez un patient de 75 ans.

Peut-on reprendre le travail avec une prothèse de genou ?

Oui, la plupart des patients qui travaillaient avant l’opération reprennent leur activité, en général 2 à 3 mois après, selon le poste.

Quelles sont les alternatives à la prothèse chez un patient jeune ?

Selon l’usure : l’ostéotomie tibiale de réaxation, la prothèse unicompartimentale ou un traitement médical optimisé.

Consulter pour une prothèse de genou à Paris et en Île-de-France

Les chirurgiens orthopédistes de l’ICSA Paris Nord consultent à la Clinique du Landy (Saint-Ouen, 93), à la Clinique des Maussins-Nollet (Paris 19e) et à la Clinique des Lilas (93). Ces établissements sont accessibles en métro (lignes 11 et 13) depuis Paris et toute l’Île-de-France. Nous recevons aussi des patients venus d’autres régions.

Prendre rendez-vous sur Doctolib

Références

  1. Evans JT, Walker RW, Evans JP, et al. How long does a knee replacement last? A systematic review and meta-analysis of case series and national registry reports with more than 15 years of follow-up. Lancet. 2019;393(10172):655-663. PubMed
  2. Bayliss LE, Culliford D, Monk AP, et al. The effect of patient age at intervention on risk of implant revision after total replacement of the hip or knee: a population-based cohort study. Lancet. 2017;389(10077):1424-1430.
  3. Meehan JP, Danielsen B, Kim SH, et al. Younger age is associated with a higher risk of early periprosthetic joint infection and aseptic mechanical failure after total knee arthroplasty. J Bone Joint Surg Am. 2014;96(7):529-35.
  4. Price AJ, Alvand A, Troelsen A, et al. Knee replacement. Lancet. 2018;392(10158):1672-1682. PubMed

Article rédigé par le Dr Elliott Kierszbaum, chirurgien orthopédiste à l’ICSA Paris Nord. Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation.

Défiler vers le haut